samedi 29 avril 2017

Pour les 90 ans d'Albert UDERZO

L'excellent fanzine TONNERRE DE BULLES a réalisé un album spécial pour célébrer les 90 ans d'Albert UDERZO, et m'a fait l'honneur de me demander une petite contribution graphique que voici :

Si Uderzo est devenu célèbre pour avoir dessiné les aventures d'Astérix, n'oublions pas qu'il fût aussi le dessinateur des Chevaliers du ciel. J'ai toujours été admiratif de son travail sur cette série, et j'aime beaucoup le personnage de Laverdure, pour lequel Uderzo avait d'ailleurs expliqué qu'il s'était auto-caricaturé. Vu le penchant de Laverdure pour les jolies filles, je le voyais bien tomber dans les bras de Lady S et lui révéler des secrets militaires.
Je souhaite un excellent anniversaire à Albert UDERZO, et un bon courage à Laverdure pour s'expliquer avec l'état-major.
















lundi 20 mars 2017

Quelques petits bouts de trucs qui vont devenir un album.

Vous savez tous ce qu'est un album de BD. Couverture souple ou cartonnée. Petit ou grand format. 46, 54, 62 pages ou davantage. Couleurs ou noir et blanc.
Oui, mais ce que vous connaissez n'est que la partie émergée de l'iceberg. Avant cela, il y a la conception, l'écriture, les recherches... Sur ce blog, j'essaie de vous faire partager cette partie méconnue de la construction d'un album.
Le tome 13 de Lady S dont j'assurerai à la fois le scénario et le dessin n'est encore qu'à l'état d'ébauche. Voici quelques instantanés du travail qui se situe en amont de la phase graphique, c'est-à dire avant même la réalisation des premiers crayonnés. Des crayonnés, j'en ai déjà montré ici des dizaines, et cela me semble amusant de remonter encore un peu le courant de la création pour vous permettre  d'apercevoir quelques éléments de ce qui précède.
Ce sont des bouts de trucs, ça ne ressemble à rien de concret, mais c'est ainsi que commence le travail, à partir d'éléments flous et morcelés dont l'assemblage compose la charpente d'un album.

La première chose, indispensable pour réaliser un album, c'est d'avoir une idée. Comment vient-elle ? De lectures, de réminiscences inconscientes, de films qu'on a vus, de l'actualité ? Mystère. En tout cas, quand le miracle s'opère, une idée finit par émerger. Je parle de la bonne idée, évidemment, pas des cinquante qu'on a tous les jours et qu'on oublie illico tellement elles sont ineptes. Je parle de THE idée, de celle qui a en elle le potentiel nécessaire pour devenir un album.
Une fois qu'on est sûr de son idée, on a l'essentiel, le reste n'est que du temps, de la réflexion, du travail.

Ensuite, en fonction du sujet et du contexte, il faut se documenter sur le sujet abordé. Par exemple, dans le tome 13 de Lady S, je voulais mettre la Cour Pénale Internationale au centre de l'histoire. J'ai donc réuni un certain nombre d'éléments pour savoir comment fonctionne exactement cette institution. Ci-dessous,vous pouvez voir quelques articles et notes qui m'ont servis de base de travail pour donner à mon histoire une crédibilité indispensable à tout récit contemporain.





Vient alors l'écriture du scénario. Première étape : la structure. Les scénaristes hollywoodiens utilisent le classique procédé du tableau. Il en existe différentes sortes, simples ou complexes...

Voici le mien pour le tome 13 de Lady S (amusez-vous à zoomer, mais j'ai bien peur que la définition de la photo soit trop faible pour vous permettre de déchiffrer quoi que ce soit).

Chaque post-it correspond à une séquence ou à une idée majeure. Ce tableau me fournit une vision globale de mon histoire. Si vers la fin il me manque un élément, je peux à loisir l'inventer sur un post-it et l'intercaler n'importe où pour le rendre logique dans la continuité.
Par exemple, alors que j'écris la séquence finale, je m'aperçois d'une chose : mon personnage principal a un bras en trop. Pour une raison ou une autre, il ne peut résoudre son problème que s'il n'a qu'un seul bras. Je peux alors revenir en arrière sur mon tableau et inventer une séquence que je situerai en début d'album et dans laquelle le personnage en question perdra un bras, ce qui rendra logique la réussite de la séquence finale.
Oui, bon, c'est un exemple, hein ? Lady S ne perd aucun bras dans le tome 13, je vous rassure...

Ensuite, la réalisation du script, découpage case par case et dialogué de l'album, est une formalité. Formalité qui prend quand même un mois et demi environ. Ci dessous, vous pouvez voir un aperçu de mon script, qui évolue encore au moment crucial de l'étape du storyboard.



Une fois le scénario terminé, le dessinateur reprend ses droits et file sur les lieux où doit se dérouler l'album, pour effectuer les indispensables repérages photo.



Le tome 13 se passe entièrement à Paris, des deux côtés du pont Mirabeau. Un peu dans le quinzième, un peu dans le seizième arrondissement. Et un peu entre les deux sur l'île aux cygnes, où se trouve la réplique réduite de la statue de la liberté.

Ensuite, le storyboard est réalisé, sur la base du script et de ces documents photo.


Et après, me direz-vous ? Oh, pas grand chose... 7 à 8 mois de travail sur les planches, crayonnés, encrage, couleurs, retouches diverses... Un détail.






jeudi 8 décembre 2016

ENNIO MORRICONE




Parmi les nombreuses sources d'inspiration qui ont contribué à nourrir mon travail d'auteur de BD, l'une des plus importantes est sans doute aussi l'une des plus inattendues. Il ne s'agît pas d'un écrivain, ni d'un peintre ou d'un dessinateur, mais d'un musicien, dont je n'hésite pas à dire qu'il est l'un des compositeurs contemporains les plus importants : Ennio MORRICONE.
Pour les habitués de ce blog, ce n'est pas vraiment une surprise. Il suffit de regarder la colonne de droite de cette page. Les playlists des musiques à écouter en lisant mes albums sont exclusivement composées d'extraits de ses Bandes originales.
L'admiration que je voue à ce génie de la musique est arrivée à la connaissance de Patrick Bouster, fin spécialiste de l'oeuvre du grand Ennio, et co-fondateur du fanzine MAESTRO consacré au compositeur. Patrick Bouster étant également passionné de bande dessinée, il m'a proposé de réaliser un entretien essentiellement consacré à l'influence que les musiques d'Ennio Morricone ont sur mon travail.
Une partie de l'entretien est à lire sur BDZOOM :

http://bdzoom.com/106481/interviews/philippe-aymond-musiques-maestro/

Et pour ceux qui veulent en savoir davantage sur la relation artistique qui s'est installée entre les musiques du compositeur et mon travail d'auteur de BD, un important complément à cet entretien est à lire dans le numéro 12 du fanzine MAESTRO. Pour cela, il faudra vous rendre sur le site chimai.com, un site remarquablement fait et entièrement dédié à Ennio Morricone :

http://www.chimai.com/

Le portrait d'Ennio Morricone publié ici figure également en 4e de couverture de ce numéro 12 de MAESTRO.
Pour finir, je tiens à remercier Patrick Bouster d'avoir eu cette idée d'entretien inattendue et originale. Et plus globalement de l'excellent travail qu'il fait autour de l'oeuvre du génial compositeur.











jeudi 1 décembre 2016

Les possibilités infinies de l'aquarelle...

Après avoir terminé le tome 12 de Lady S, j'ai repris mes crayons et ressorti mes aquarelles pour avancer sur l'album que Pierre Christin et ma pomme sommes en train de vous concocter pour... pour... euh...  pour, disons, bientôt (le temps passe tellement vite).
Et là, dans cette phrase apparemment anodine, je viens pourtant de prononcer un mot magique : AQUARELLE.

Alors que j'avance sur les pages de cet album, je suis sans cesse étonné par la richesse des possibilités que peut offrir cette technique. Sur le deuxième chapitre de ce livre, c'est le noir et blanc qui dominera, avec quelques touches de couleur ici et là. Mais quand je dis noir et blanc, ça inclus bien sûr toutes les nuances de gris que l'on peut obtenir avec un simple tube d'aquarelle noire. Il suffit pour ça d'ajouter de l'eau et de diluer un peu, beaucoup, passionnément, à la folie... Plus le pigment sera dilué, et plus il laissera voir le blanc du papier, chargé lui de restituer la lumière. Le choix du papier est essentiel, et chacun trouvera celui qui lui convient le mieux. Moi, c'est du...
Ah, ah, ah, vous ne croyez tout de même pas que je vais révéler tous mes trucs, non ?

Bon, c'est bien joli de parler, mais comme le disait Napoléon, un bon dessin vaut mieux qu'un long discours. Donc voici un "avant-après" qui présente deux pages de l'album. A gauche la version au crayon, qui n'est finalement qu'un support assez basique. Et à droite le résultat final.